Les saisons s’tassent

Alléluia
La chasse à l’ovule est ouverte / Que le meilleur gagne je pars avec / La confiance du chien de tête / Le vent dans l’dos rien ne m’arrête / Feu à volonté pédale au plancher à 220 dans l’mur / Me voici l’élu d’un coup sec / D’un endroit sûr d’où enfin naître / Et que le cirque commence, que le rideau flanche / Les ouï-dire étaient donc vrais / Après tout c’est normal je suis le fruit final d’une jouissance pas à peu près / Ici c’est bar ouvert des fois y’a même d’la bière / Ombilicalement parlant / La vie est bonne à boire même si j’ai rien à faire / J’dors un coup pour passer l’temps / J’prends tout ce qu’on m’donne simplement / Si c’est vivre j’veux être éternel / Et plus le temps passe plus je manque d’espace / Qui sait pourquoi / Si je continue d’grandir je ferai quoi / Et j’entends des voix des éclats des fois c’t’inquiétant / J’donne des coups pour qui s’poussent / Maladroitement mais qu’est-ce qui m’attend / Une mer de calme me berce d’amour je flotte en elle / Un vent me parle et me promène le cœur qui cogne je tourbillonne / Il me raconte qu’un jour j’descendrai dans l’tunnel noir / Paraît que le bout est bien trop petit pis qu’après tout devient mystère / Je promets de ne plus grandir oubliez-moi j’veux pas sortir / Et plus le temps passe plus je manque d’espace / Qui sait pourquoi / Si je continue de grandir je ferai quoi / Et j’entends des voix des éclats des fois c’est inquiétant / J’donne des coups pour qui s’poussent / Maladroitement mais qu’est-ce qui m’attend / Qu’est-ce qui m’attend / Étendu dans une cage la tempête passée / J’me sens perdu au large mais en sécurité / J’sais pas c’qui s’en vient mais j’ai pus peur de rien / Si c’est ça l’amour c’est pas l’extase mais c’est pas loin / J’ai une voix je savais pas j’ai même une paire de bras / Un paquet d’visages me grimacent en pleine face / J’ai reconnu les voix / C’est sûr c’est moi le roi / Au diable les neuf derniers mois / Alléluia, qu’est-ce qui m’attend / Alléluia encore une fois / Qu’est-ce qui m’attend / Alléluia, qu’est-ce qui m’attend / Encore une fois, Alléluia, Alléluia
Quelqu'un d'autre
C’est drôle des fois je me questionne / Ça m’arrive même de me faire peur / J’me demande de quoi j’ai l’air / Dans les yeux de ceux qui me regardent dans l’sourire de leur bonheur / J’pense toujours trop à ce que tout l’monde / Peut penser par en arrière je suis dépendant du vouloir plaire / Souvent j’me surprends à m’déguiser en quelqu’un d’autre / Souvent j’me surprends à imiter quelqu’un d’autre / J’ai beau vouloir être pur jusqu’au plus creux de mon épicentre / Vouloir que mon regard soit aussi transparent / Que le plus brillant des diamants mais j’perds mon temps / Je rêve d’un monde transparent j’perds mon temps, j’perds mon temps / J’ai 27 ans bientôt 50 l’heure est sujet qui change / J’ai pus l’goût de changer d’visage pour ceux que ça dérange / J’veux pus passer pour quelqu’un d’autre / Pus m’enterrer pour quelqu’un d’autre / Je largue les amarres / Des trop bavard qui s’prétendent / Quelqu’un d’autre / De fil en bêtises j’ai trop souvent perdu mon temps / À habiller les mots à faire semblant comme l’innocent / Qui s’cache derrière des mots savants / J’ai beau vouloir être bon jusqu’au plus dur de mon orgueil / Toujours vouloir la raison toujours vouloir écrire la plus belle feuille / Mais j’perds mon temps / Je rêve de sortir le pauvre du seuil j’perds mon temps, j’perds mon temps / J’ai 27 ans bientôt 50 l’heure est sujet qui change / J’ai pus l’goût de changer d’visage pour ceux que ça dérange / J’veux pus passer pour quelqu’un d’autre / Pus m’enterrer pour quelqu’un d’autre / Je largue les amarres / Des trop bavard qui s’prétendent / Quelqu’un d’autre / Quelqu’un d’autre… Quelqu’un d’autre / Quelqu’un d’autre… Quelqu’un d’autre / J’ai 27 ans bientôt 50 l’heure est sujet qui change / J’ai pus l’goût de changer d’visage pour ceux que ça dérange / J’veux pus passer pour quelqu’un d’autre / Pus m’enterrer pour quelqu’un d’autre / Je largue les amarres / Des trop bavard qui s’prétendent / Quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre
J'tourne en rond
J’ai passé l’hiver debout à me demander comment j’allais payer mes dettes / Une barricade sur Jacques-Cartier un dépanneur de fond de quartier les poubelles / J’ai toujours pensé à travailler probablement que c’était pas dans mes gènes / Le bonheur social s’occupe de moi pas de temps à perdre / Y’é midi il faut que j’me lève / Comme solution je m’avoue vaincu / J’ai rien trouvé d’autre que trouver le temps long / J’pirate le câble j’boycotte la quête à part la mienne / Des fois peut-être j’tourne en rond / Pis j’compte les murs de mon salon / J’ai passé l’printemps à boutte à m’demander comment j’allais te r’dire je t’aime / T’amener à Paris pour le p’tit déj à Los Angeles pour faire du zèle mais pas une cenne / Troquer la limo pour l’autobus le champagne pour la modestie ça fais-tu pareil / Trop compliqué l’amour pour moi pis tes yeux sont trop dispendieux / Je cancelle, je cancelle / Comme solution je m’avoue vaincu / J’ai rien trouvé d’autre que trouver le temps long / J’pirate le câble j’boycotte la quête à part la mienne / Des fois peut-être j’tourne en rond / Pis j’compte les murs de mon salon / J’ai la plaie de lit de collée dans le front / Mais c’est pas comme si j’faisais rien de bon / J’tourne en rond / Ma télé veut pus me r’garder / Mes pantoufles se sauvent de mes pieds / J’trouve le temps long / Comme solution je m’avoue vaincu / J’ai rien trouvé d’autre que trouver le temps long / J’pirate le câble j’boycotte la quête à part la mienne / Des fois peut-être j’tourne en rond / Pis j’compte les murs de mon salon
Loin
J’ai peut-être ambitionné au tournant de mes vingt ans / Foirer rien qu’en masse sur les inventions de Satan / Le Québec en étoile le pouce bien haut dans les airs / C’était mon époque poil mon époque adultère / L’usine ou la guitare le pain ou bien la faim / J’ai quasi vendu mon corps pour continuer en vain / La tournée des tavernes pour une poignée de cennes / Mais jamais de remords jamais de jours ternes / Parti de l’Abitibi au cœur des Escoumins / Passer une semaine à Québec j’me souviens pus de rien / Vendu ma vieille Taurus pour une bouchée de pain / Fêter Noël au Lac d’un bar de St-Félicien Loin… / C’est vrai je m’en confesse je suis un sacripant / Un goûteur d’abondance un profiteur de temps / Les banlieusards dans l’âme j’en fais une overdose / Sont comme du pissenlit dans un bouquet de roses / Un jour peut-être enfin je ramasserai su’l pouce / Le bon diable en personne pour lui demander du lousse / Je lui ferai un beau gros smile on s’tapera dans les mains / On se dira pas adieu non plus à demain! / Parti de l’Abitibi au cœur des Escoumins / Passer une semaine à Québec j’me souviens pus de rien / Vendu ma vieille Taurus pour une bouchée de pain / Fêter Noël au Lac d’un bar de St-Félicien Loin… / Parti de l’Abitibi au cœur des Escoumins / Passer une semaine à Québec j’me souviens pus de rien / Vendu ma vieille Taurus pour une bouchée de pain / Fêter Noël au Lac d’un bar de St-Félicien / Loin…
L'homme grenouille
Je t’ai attendue toute l’année / Dans mon ego je t’ai fait de la place / Arrive quand tu veux je mets mon orgueil sur la glace / Je suis pas devenu meilleur homme / Peut-être juste un peu moins bum / J’ai aiguisé la pointe de mon courage noirci des pages / J’ai allongé mon détour / Juste pour me faire croire des peurs / Je me suis même donné sur la tête un coup de vieux / J’ai eu le cafard dans les talons / Je l’ai même eu d’étampé dans le front / J’ai les pensées usées le remord essoufflé / J’ai fini de couler en dessous de tes yeux / Fini de jouer à l’homme-grenouille / Je nous tire pus au sort je nous ai dans le corps / Depuis toujours pour longtemps encore / Je patienterai ce qu’il faudra / Pis je ferai rien de ce qu’il faudra pas / Je placerai les pendules à l’heure que tu voudras / Hier il me semble qu’on rêvait / De partir nowhere voir le monde / Là il me semble qu’il est temps / Que nos vieux rêves vagabondent / J’ai fini de couler en dessous de tes yeux / Fini de jouer à l’homme-grenouille / Je nous tire pus au sort je nous ai dans le corps / Depuis toujours pour longtemps encore / Donne-moi donc un lift jusque dans ta chambre / On dormira en aimant en écoutant le silence / Comme ça sans qu’on y pense / J’ai fini de couler en dessous de tes yeux / Fini de jouer à l’homme-grenouille / Je nous tire pus au sort je nous ai dans le corps / Depuis toujours pour longtemps encore
L'amour du jour
À force d’avoir les yeux plus grands qu’le ventre / Aussi grands qu’un village entier d’géants Beaupré / À force de pus savoir vraiment quoi vouloir / Je pense encore un peu à toi / À coup de mots malades qui vivent dans leur passé / De lettres jaunies par de vieux rêves illettrés / À coup d’absences de trop loin trop souvent répétés / Je me suis perdu entre nous deux quelque part au fond de nous deux / Mais encore là, je sais pus trop quoi penser d’moi / De ce que je suis devenu depuis / Ou de ce que j’étais avant toi / J’ai mal à l’amour du jour / Mal en dedans, aux alentours / À tout ce que j’pourrais prendre comme roue d’secours / Je pense encore un peu à toi / Juste encore un peu mélangé / C’est devenu trop facile, de r’virer d’bord / De recommencer à zéro, de faire chambre à part / De marcher sur le monde de haut sur un fil d’amour / C’est devenu trop difficile d’y croire / Y’a tellement d’monde à aimer, autour de moi / Des fois je sais pus trop où m’embarquer / À soir je m’endors en homme libre, rêvant que demain / Me réveille un peu moins rêveur / Mais encore là, je sais pus trop quoi penser d’moi / De ce que je suis devenu depuis / Ou de ce que j’étais avant toi / J’ai mal à l’amour du jour / Mal en dedans aux alentours / À tout ce que j’pourrais prendre comme roue d’secours / Je pense encore un peu à toi / Juste encore un peu mélangé / Mais encore là, je sais pus trop quoi penser d’moi / De ce que je suis devenu depuis / Ou de ce que j’étais avant toi / J’ai mal à l’amour du jour / Mal en dedans aux alentours / À tout ce que j’pourrais prendre comme roue d’secours / Je pense encore un peu à toi / Juste encore un peu mélangé
La maison est grande
J’ai pus l’temps de m’faire des idées / Même pus l’courage d’y penser / Tout l’monde a tellement besoin d’juger / Ben qu’ils m’prennent pour un fou / Moi c’est avec toi que j’voudrais décoller / Je reviens d’une semaine de shows / La Gaspésie c’est vrai que c’est beau / C’est dimanche pis la maison est grande / J’peux t’rêver en silence mais t’aimer / Sans l’crier c’est après m’tuer / J’pense que j’déraisonne quand j’te vois me r’garder / Mon sourire goûte meilleur quand t’es là / Que l’apesanteur nous prend dans ses bras / Si j’détonne quand j’te parle / C’est qu’j’oublie l’reste du monde entier / J’ai pus l’temps de pus m’écouter / De faire semblant de prendre mon pied / Et que tous mes remords prennent le bord / À partir de tout de suite c’est mon cœur / Qui prend l’contrôle du fort / J’ai fini de ramer contre le courant / De m’dire tout bas de prendre mon temps / Enjôle-moi chaque fois que tu voudras / On s’enferme où tu veux pis on oublie la clé du cadenas / J’pense que j’déraisonne quand j’te vois me regarder / Mon sourire goûte meilleur quand t’es là / Que l’apesanteur nous prend dans ses bras / Si j’détonne quand j’te parle / C’est qu’j’oublie l’reste du monde entier / J’cours à ma perte si je r’deviens c’que j’suis pas / J’pourrai me dire que j’t’aimais gros comme ça / Mais là c’est l’matin pis t’es déjà belle / Si j’me fous des lendemains quand tu m’aimes / J’me pète les bretelles / J’pense que j’déraisonne quand j’te vois me regarder / Mon sourire goûte meilleur quand t’es là / Que l’apesanteur nous prend dans ses bras / Si j’détonne quand j’te parle / C’est qu’j’oublie l’reste du monde entier
À moitié moins heureux
Les poches pleines d’évidences / Le pas sûr de son chemin / Le regard du bon diable l’air de rien / Les pupilles en forme de cœur courageux comme un printemps / Comme un laboureux d’amour qui semait de son temps / Il disait : «La terre c’est une joueuse de tours / Un dimanche t’es dessus, un lundi t’es d’sourd» / Le sourire grand comme l’univers / J’sais pas quand on s’est vu la dernière fois vraiment / J’sais juste où yé rendu on s’parle de temps en temps / «Salut mon vieux, ça va comme tu veux?» / De mon bord tout est beau / Les saisons se tassent y’a rien qui change / Rien de nouveau / Mais sans nous deux j’t’à moitié moins heureux / Les premiers jours d’automne quand les étoiles étaient en fleurs / Quand les feuilles se faisaient l’amour quand venait l’heure / Juste pour le kick de refaire le monde / Couchés dans’ lumière du feu / À l’abri de toutes nos peurs heureux / Y me disait «la vie c’est rien qu’un jeu / Si t’arrêtes de jouer, t’arrêtes d’être heureux» / Pis tout l’monde veut vieillir trop vite / Un million ça vaut moins qu’un jour de liberté / Tu sais pas quand tu pars juste quand t’es arrivé / J’me sens moins vieux quand j’pense à nous deux / De mon bord tout est beau / Les saisons se tassent y’a rien qui change / Rien de nouveau / Mais sans nous deux j’t’à moitié moins heureux / Il disait : «La terre c’est une joueuse de tours / Un dimanche t’es dessus, un lundi t’es d’sourd» / Le sourire grand comme l’univers / J’sais pas quand on s’est vu la dernière fois vraiment / J’sais juste où yé rendu on s’parle de temps en temps / «Salut mon vieux, ça va comme tu veux?» / De mon bord tout est beau / Les saisons se tassent y’a rien qui change / Rien de nouveau / Mais sans nous deux j’t’à moitié moins heureux
Le bonheur au large
C’est comme si j’débarquais d’un sarcophage / Comme si je sentais la peur de m’essouffler avant d’arriver au bout d’la file / C’est peut-être l’odeur de smog dans mes narines / La peur du quotidien d’être personne au bout de la ligne / J’ai peur de rester pris au fond d’ma cage / De m’contenter des miettes de malappris d’attendre mon tour devant le vide / J’suis peut-être parano exhibitionniste / Ou pas assez hypocrite trop lucide trop fataliste / Mais j’y crois encore peut-être un peu moins fort mais un peu encore / Je garde l’oeil sur l’image j’me tranquillise l’orage / Y’a du bonheur au large / J’ai peut-être peur d’être trop générique / Ou peut-être seulement peur de m’étouffer avant d’crier à l’injustice / De décevoir de goûter au précipice / D’insonoriser mes idées de découpler / Caché derrière un silence archaïque / Devant la névrose intraveineuse qui m’attend si j’reste immobile / Devant l’absolution d’la réclusion / J’me lève plus fort et serein que demain / Mais j’y crois encore peut-être un peu moins fort mais un peu encore / Je garde l’oeil sur l’image j’me tranquillise l’orage / Et y’a du bonheur au large / Peut-être un peu moins fort / Mais un peu moins éparpillé / Le soleil se lève un peu moins tard / Le bonheur semble immaculé… / Mais j’y crois encore peut-être un peu moins fort mais un peu encore / Je garde l’oeil sur l’image j’me tranquillise l’orage / Et y’a du bonheur au large
Le bruit qui court
J’ai brûlé mes vieilles habitudes / À coup de kilomètres de solitude / Au volant de mes bonnes intentions / Jusqu’aux aurores pour te retrouver / Perdu dans mon paysage / Je cherchais ton visage me voir / Comme un fou le corps volage / J’ai fait le plus beau des voyages / Le cœur dans les nuages / Y’a un bruit qui court / Que j’serais tombé en amour / Au beau milieu de nulle part / Paraît que j’suis en amour / Le monde pourrait sauter / Moi je m’effondre en amour / J’me fous de c’qui vont penser / Je fais un homme de moi / J’avais tracé dans un journal / Nos deux destins en forme d’étoile / Comme si s’enlignait les planètes / Le matin quand tu te réveilles / La seule idée de ton regard / Se bat contre ma guitare le soir / Pour le meilleur, au diable le pire / Y’avait ton sourire / Pour m’envoyer en orbite / J’roule au hasard pis je tourne la page / Je sors de mon personnage, je remets les jours à leur place / Quitte à jouer au fou du village, je plie nos bagages / Je nous ramène à Montréal
Bon pépère
Jusqu’à maintenant j’ai juste pensé / À sauver mes fesses, à craindre le monde entier / Comme si j’pouvais m’sauver tout seul / Gagner mon ciel sans que personne ne m’en veuille / Pis tout l’monde court toujours / Personne s’arrête pour penser aux vieux jours / Jusqu’aux premiers cheveux blancs / Que l’diable m’en veulle j’finirai pas tout seul / Comme le gars qui revient d’la prison / J’m’occuperai de mes arrières / À part que moi je serais prêt à prêter un coin d’mon savon / Quitte à me priver de télévision / Je piquerai pus de crises je serai pus vulgaire / Et tout sourire je lirai Baudelaire / Je travaillerai propre jamais au noir / Je serai une star du pop, je ferai ma prière / J’me ferai bon pépère / J’ai besoin d’arbres dans l’paysage / De coins de soleil d’un peu moins d’ville dans le village / De quelqu’un qui dort à mes côtés / De deux trois hectares pour nous tenir compagnie / J’venderais mon âme à la science pas cher / Contre un peu d’air frais, moins de panneaux publicitaires / Une maison jaune sur le bord d’la mer / Pas trop de boissons pis pas trop de crises de nerf / Comme le gars qui revient d’la prison / J’m’occuperai d’mes arrières / À part que moi j’serais prêt à prêter un coin d’mon savon / Quitte à me priver de télévision / J’piquerai pus de crises j’serai pus vulgaire / Et tout sourire je lirai Baudelaire / Je travaillerai propre jamais au noir / Je serai une star de la pop, je ferai ma prière / J’me ferai bon pépère / Je piquerai pus de crises je serai pus vulgaire / Et tout sourire je lirai Baudelaire / Je travaillerai propre jamais au noir / Je serai une star du pop, je ferai ma prière / J’piquerai pus de crises j’serai pus vulgaire / Et tout sourire je lirai Baudelaire / Je travaillerai propre jamais au noir / Je serai une star du pop, je ferai ma prière / J’me ferai bon pépère
Les pigeons voyageurs
Si on roulait toute la nuit on aboutirait à Toronto / Mais en solo y me semble qu’au plafond de l’auto y ferait moins beau / J’nous imagine à la merci à l’abri sans trop savoir de qui / Sans rien prévoir juste un nulle part ou un morceau d’interdit / Je l’sais je sais pas ton nom ni ton genre de vie ton genre de films / Non plus si tu crois encore au Messie ou juste aux vinyles / C’est juste que je sais pas comme ça j’prendrais la vie du bon coup d’dé / Connaître rien du début rien de l’arrivée / Juste de penser à rien comme deux poussières qui tombent dans l’vide / Et qui sait quand le matin viendra nous prendre au bout du fil / Juste comme un couple de pigeons voyageurs émerites jusque dans leurs tripes / Qui s’paient le temps d’une fuite un trip d’égoïstes / Si jamais l’instinct nous prenait on pourrait s’étendre entre deux lignes blanche / Cogiter en silence dans la moiteur d’un désir lucide / On pourrait s’faire Bonnie and Clyde / S’tirer dans les pupilles à grands coups d’vices / Où encore disparaître jusqu’au pays où s’émerveille Alice / Juste de penser à rien comme deux poussières qui tombent dans l’vide / Et qui sait quand le matin viendra nous prendre au bout du fil / Juste comme un couple de pigeons voyageurs émerites jusque dans leurs tripes / Qui s’paient le temps d’une fuite un trip d’égoïstes / Rouler pour rien jusqu’au bout jusqu’au fond du précipice / Sans faire semblant sans s’porter préjudice / Couler lentement jusqu’à toucher des doigts le fond de l’abysse / Défaire le temps changer de disque / Juste de penser à rien comme deux poussières qui tombent dans l’vide / Et qui sait quand le matin viendra nous prendre au bout du fil / Juste comme un couple de pigeons voyageurs émerites jusque dans leurs tripes / Qui s’paient le temps d’une fuite un trip d’égoïstes