Le vrai monde

Si on se t'nait

Qu’on soit jeune qu’on ait l’cœur pauvre ou vieux et la tête chauve / Qu’on rêve de coupe Stanley ou juste de macramé / Qu’on se lave à l’eau chaude ou quand le ciel nous arrose / Qu’on soit riche comme Crésus ou pauvre comme Job / Peu importe on vit du même bord de la porte / On condamne les yeux fermés en criant liberté / On s’prend trop au sérieux ou des fois pas assez / On juge on jalouse on adule on épouse / On court après sa queue ou on vit devant sa télé / On a juste une vie à jouer / Si on se tenait au lieu d’se marcher sur la tête / Si on souriait au lieu de se jouer les airs bêtes / Y’a les machos, les fleurs bleues, les héros, les peureux / Les technos, les vieux jeux, les blaireaux, les quêteux / Les âmes charitables, les autres non négociables / Les profiteurs de bon temps, les éternels enfants / Le monde est tellement vivant / Si on se tenait au lieu d’se marcher sur la tête / Si on souriait au lieu de jouer les airs bêtes / Le temps passe et nous dépasse on vieillit on s’ennuie / Les souvenirs s’entassent et bientôt on s’assagit et puis… / Si on s’ouvrait l’esprit… / Si on se tenait au lieu d’se marcher sur la tête / Si on souriait au lieu de jouer les airs bêtes

Ailleurs ou ici

On s’racontait nos vies comme de vieux amis / On s’connaissait à peine pourtant rien ne sonnait faux / J’aurais passé la nuit à boire tous tes mots / À me la jouer sûr de moi à t’faire mon cinéma / Après le dernier set de l’hommage à Beau Dommage / La confiance arrosée je pris mon courage / Sur un paquet de cigarettes je t’ai écrit mon numéro / Puis le regard plein de promesses t’es sortie de ma vie / Et depuis tu me joues dans la tête / Je rêve d’un peut-être / Je cherche les mots que j’aurais dû te dire / Depuis que t’es dans ma tête / Je suis à ta merci je t’espère encore / Ailleurs ou ici / Depuis, tous les samedis je m’accoude à la même table / Je m’imprègne du souvenir et je frôle la démence / Est-ce que tu penses parfois à cette nuit en silence / Ou est-ce que tu prends ton pied de m’savoir dans les câbles / Mes chums me reconnaissent plus ils m’appellent même plus / J’écris des tounes mélo ou d’amour perdu / Depuis déjà un mois, tu ne m’appelles pas / J’ai la confiance un peu sur l’flat mais je pense encore à toi / J’patienterai le temps qu’il faut / J’brûlerai ma chemise à carreaux / Pour un signe de ta vie / Ailleurs ou ici

En attendant qu'le facteur passe

En attendant qu’le facteur passe / Avec de quoi payer le loyer / Avec ce qu’il faut pour prendre une tasse / Je prends la pause du va-nu-pieds / On sonne à la porte c’est le huissier / Paraît que la pension est impayée / J’lui dis qu’le vent va bientôt tourner / Qu’le cash va s’remettre à rentrer steady / Mais c’est trop pour ma patience / Et trop peu pour mes poches / Le chèque est perdu dans la malle / Et moi je déraille / Midi tapant rien à manger / J’implore le ciel pour mon bout de papier / Aucune rumeur de facteur au large / Comme le disent nos cousins je deviens barge / Mais c’est trop pour ma patience / Et trop peu pour mes poches / Le chèque est perdu dans la malle / Et moi je déraille / Je gratte le fond de mes tiroirs / Prêt à tout pour une poignée de cennes noires / Je prends la porte criblé de dettes / La chasse au facteur est grande ouverte

La tête en l'air

Aussi longtemps que j’aurai les pieds sur terre / Je m’inventerai des rêves des cahiers de rêves / J’passerai pas ma vie à la mourir quitte à la passer la tête en l’air / Avant de m’assagir de reprendre mon souffle / De ménager mon corps de calmer mes élans / Je veux toucher au bout du monde profiter d’chaque seconde / Prendre la vie comme une chance une corne d’abondance / Je veux prendre le temps de vivre en grand / Aussi longtemps que j’aurai les pieds sur terre / Je m’inventerai des rêves des cahiers de rêves / J’passerai pas ma vie à la mourir quitte à la passer la tête en l’air / Jouer à guichets fermés tous les soirs sur Broadway / Faire les poches aux fous riches et redonner aux artistes / Réinventer la roue balayer des jaloux / Jouer de la guitare sur la lune ou disparaître dans la brume / Et bien sûr… pacifier le monde entier / Aussi longtemps que j’aurai les pieds sur terre / Je m’inventerai des rêves des cahiers de rêves / Aussi longtemps que j’aurai les idées claires / J’passerai pas ma vie à la mourir quitte à la passer la tête en l’air

Le bon vieux temps

J’veux pas aller fêter Noël en République / Ni le jour de l’An sur la côte du Mexique / J’veux voir d’la neige plein mon balcon / J’veux prendre un coup en famille dans l’salon / J’veux pas savoir comment ça se passe aux États / Si ça chante fort le « God Bless America » / J’veux voir gagner ma Sainte-Flanelle / Pis les matantes chromées jusqu’aux oreilles / Le temps des Fêtes c’est chez nous / De la cave jusqu’au grenier / C’est l’temps de swinger sa compagnie / De se laisser raconter le bon vieux temps / Autour du poêle chez grand-maman / J’veux pas aller réveillonner en Martinique / Ni défoncer l’année sur une plage en Jamaïque / J’suis peut-être vieux jeu avant l’temps / Mais plus les années passent et plus je m’ennuie du bon vieux temps / C’est l’temps d’se rappeler d’où on vient / De se brasser les coutumes de chanter nos vieux refrains / De fêter jusqu’au matin / De faire la paix avec tous nos voisins

L'âme du bohémien

Je saute dans mon char il fait trop beau / Pour faire le mort / J’ai tout c’qu’il faut de l’eau du vin / Et surtout l’âme du bohémien / Prends ton sac ta bonne humeur / On prendra la vie tout en douceur / On ira s’perdre quelque part / On jouera les déserteurs / On s’promet rien d’autre que de s’faire du bien / On verra bien au bout du chemin / Si notre histoire s’étendra jusqu’au matin / On brûlera la route de bord en bord du sud au nord / Et le diable au corps / On chassera les étoiles filantes / Et sans penser au lendemain, ah comme on aura l’âme du bohémien / Prends ta guitare je t’attends dans la cour / Et on passera par les plus beaux détours / On se parlera dans la langue des troubadours / On s’promet rien d’autre que s’faire du bien / On verra bien au bout du chemin / Si notre histoire s’étendra jusqu’au matin / On sortira du quotidien guidé d’air pur et d’instinct / Et nos accords accompagneront le même refrain

Le monde à mes yeux

Le ciel pleure au-dessus de la ville / Moi je compte ma chance en liasse de gros bills / Tu m’as sauvé la vie au moins 100 fois peut-être même mille / C’est novembre le mois des tourmentes / Le monde s’endort il fête plus trop fort / C’est de ta faute si j’m’en fous t’es mon / beau temps dehors comme en dedans / J’t’ai fait la vie dure j’avais l’cœur en ciment / T’es restée pure patiente comme un printemps / Tu m’aimais plus que j’m’aimais j’t’aimerai plus que j’aimerai jamais / Tes regards me rendent meilleur / Je les garde sur moi comme porte-bonheur / Tu vaux tout l’or du monde, tu vaux le monde à mes yeux / L’automne a mis sa robe du dimanche / Moi, j’te regarde rêver entre deux silences / Le matin passe la vie prend son temps j’la remercie d’avance / J’t’ai fait la vie dure j’avais l’cœur en ciment / T’es restée pure patiente comme un printemps / Tu m’aimais plus que j’m’aimais j’t’aimerai plus que j’aimerai jamais / T’es ma Joconde mon bon augure / Ma fin du monde ma fière allure / La lumière qui entre dans mes p’tits coins noirs ma lueur d’espoir / J’t’ai fait la vie dure j’avais l’cœur en ciment / T’es restée pure patiente comme un printemps / Tu m’aimais plus que j’m’aimais j’t’aimerai plus que j’aimerai jamais

Pu l'temps de m'passer d'toi

Assis au beau milieu de ma vie j’épie les passants, silencieux / Les beaux les fins les pogneux d’mains / Les amoureux aux tables pour deux / Ceux qui vendraient leur âme au diable / Pour acheter un peu de bon temps / Ceux qui ne croient plus en l’amour et ceux qui ne savent plus comment / J’ai envie de rire en silence tu m’donnes le goût de m’trouver drôle / De ne plus jamais prendre de chance de ne plus jamais perdre la pôle / À tous les matins que t’emplis mes yeux tu fais de moé un homme chanceux / De me sentir libre de vivre en homme heureux / Les journées raccourcissent notre histoire s’allonge / J’passerai pu l’temps à m’passer d’toi / Encore et encore / Tu me connais comme le fond de tes poches / T’es le droit chemin dans ma p’tite vie croche / J’passe souvent droit j’suis souvent gauche / Mais t’as la tête dure j’en suis la cause / Des jours j’suis l’un des jours j’suis l’autre / J’écris ma vie en faisant des fautes / T’es comme le point au bout de la ligne / Qui me rattrape quand je m’éparpille / Mais y’a des jours comme tout l’monde où c’est un peu plus compliqué / On s’comprend plus ou on s’évite on s’parle en langage explicite / Je dors de mon bord tu dors du tien tu rêves de Pékin moi de St-Jovite / Mais on s’en fout on oublie vite nous deux c’pas juste une p’tite vite / Les journées raccourcissent notre histoire s’allonge / J’passerai pu l’temps à m’passer d’toi / Encore et encore

La pédale au plancher

J’ai décidé de vivre ma vie tanné d’me contenter d’survivre / Le temps du grand ménage est venu le temps qu’il faut / Que seulement ceux qui m’aiment me suivent / Que les jaloux s’tassent qu’les profiteurs débarrassent / Et que ceux qui voudront écrire que j’me trouve bon que c’est moi qui est l’pire / Défoulez-vous un coup videz vos encriers / C’est ma tournée ça m’fait plaisir / J’ai plus de temps à perdre pas l’temps pour jouer les martyrs / On a juste une vie à vivre il faut la rouler / Je passerai le restant d’la mienne la pédale au plancher / J’mettrai plus d’gants blancs pour le dire / Dehors ceux qui n’ont jamais l’goût d’rire / Ceux qui sont déprimés à longueur d’année / Hors de ma vue j’veux pu vous lire / J’me casse j’me tasse tant pis pour ceux qui s’écrasent / On a juste une vie à vivre il faut la rouler / Je passerai le restant d’la mienne la pédale au plancher / Je ferai un égoïste de moi / Visiterai les plus beaux endroits / Repousserai mes limites mes peurs et mes bibittes / Je vivrai comme je veux comme un fou ou bien comme un roi / On a juste une vie à vivre il faut la rouler / Je passerai le restant d’la mienne la pédale au plancher

Mauvaise influence

Ne cherchez pas pour moi dans les grandes soirées de gala / Sur les tapis de grandes premières où les balivernes coulent en fontaine / Sur le plateau de Tout l’monde en parle / Où tout l’monde s’écoute parler / Accoudé au Buena Notte à boire un café le doigt levé / Je mène la vie de monsieur tout l’monde je parle la langue des ouvriers / Je me tiens loin du star system loin des victimes des gratte-papier / Je suis de mauvaise influence / Je marche à contre tendance / Je suis de ceux qui vivent dans la zone grise / Loin des simagrées des embourgeoisés / J’en prends mon pied / Ne misez pas sur moi pour gagner les concours de mister cool / Pour les leçons de bienséance pour les grands discours de société / Pour aller faire le beau devant le micro de Herby Moreau / Ou pour chanter sans rien dire les plus grands succès de quelqu’un d’autre / Je mène la vie de monsieur tout l’monde je parle la langue des ouvriers / Je me laisse volontiers fondre au décor mais gare à vos fesses si vous me faites ch…

Une nouvelle première fois

J’ai envie d’être dans la lune / De partir dans ma tête, sur une bulle / De prendre les yeux de mon enfance pour regarder / Pour me laisser impressionner / J’veux encore croire au père Noël / Aux amours de porcelaine, au paradis, au ciel / Revivre une première fois l’hiver / Laisser mes yeux s’emplir du bleu de la mer / Pour une nouvelle première fois / Comme pour la toute première fois / Me laisser aller / Laisser le temps être de mon côté / Sans attaches et sans réticences / L’esprit libre et le cœur volage sans remords de conscience / Aller refaire ma vie dans un autre pays / Recommencer la partie / Voir comment j’pourrais m’en tirer sous un autre toit / Faire des pas sur d’autres traces me laisser guider par d’autres voix / Voir c’que j’ai pas vu venir / Croire encore dur comme fer qu’on ne va jamais mourir

Le vrai monde

C’est un matin lâche de juillet / Un matin d’vacances de construction / Mon amour on ira pas loin c’t’année / Y’a d’la sécheresse plein l’portefeuille / Le foin s’fait rare à dépenser / Anyway le soleil cogne fort / Et l’ombre se fait de plus en plus rare / La 20 va être embouteillée / De monde qui ont bûché toute l’année / Pour gagner leurs deux semaines de liberté / À ceux qui n’ont jamais peur de se lever le vrai monde / Les ouvriers les retrousseurs de manches / Les porteurs de cœur au ventre / Ceux qui s’crèvent à longueur d’année / Pour les poches d’la compagnie / Un coup d’crayon à votre santé / Les bords de lacs se changent en mines d’or / Les prix s’ambitionnent partout dans l’nord / Ça s’raconte des peurs dans les chaloupes / Ça s’en débouche une p’tite en jetant une ligne à l’eau / Ça prendra l’temps qu’il faut y’a rien d’trop beau / On passe l’année à courir après l’temps / À se faire la vie dure pour payer nos factures / À soir on oublie la ville, les dettes, l’hypothèque / Y’aura rien ni personne qui nous fera courir / On est sur le cruise control jusqu’à fin d’juillet